Le monde et le sans-culotte.

Publié le par Michel Baujard

Le monde et le sans-culotte.

"Chaque fois que l'on veut faire faire aux mots un véritable travail de transbordement, chaque fois que l'on veut leur faire exprimer autre chose que des mots, ils s'alignent de façon à s'annuler mutuellement. C'est sans doute ce qui donne à la vie tout son charme."

Samuel Becket Le monde et le pantalon

Ce soir, après un repas de fête, nous avons tenté une discussion politique avec un ami de la gauche de la gauche, tendance révolutionnaires-de-salon. Vous l'ignorez peut-être, mais il y a deux tendances à la gauche de la gauche : la tendance révolutionnaires-de-salon, qui refait le même monde avec les mêmes vieilles rengaines depuis Valéry Giscard d'Estaing et son "deux français sur trois", et la tendance grenouilles-de-ministère, se retirant de son fauteuil de cuir après quarante-cinq années de servitude administrative et de self-services pour ses petites affaires personnelles et associatives. J'ignore quelles sont les tendances de la gauche de la gauche de la gauche, mais je ne doute pas qu'elles soient tout aussi pleines de jus révolutionnaire que ces deux là.

Donc, nous voici penchés sur la question du chômage et de l'intérêt supérieur des socialistes pour le pouvoir et les ors de la République puisqu'il n'y aurait que cela qui les intéresserait et non pas la résorption du chômage, qui les arrange bien pour conserver le pouvoir, "grâce au patronat dont ils lèchent les bottes du matin au soir".

"- Et quelles solutions avons-nous pour réduire le chômage ?" demandai-je.

"- Il n'y en a qu'une seule, c'est la révolution !" me répondit en un éclair mon éclairant ami éclairé. 

"- La révolution est créatrice d'emplois ? Alors en effet, qu'attendons-nous ?" m'entendis-je annoncer sans détour.

Mon ami partit d'un grand éclat de rire.

J'ai bien tenté d'embrayer sur la révolution numérique que nous avons sous les yeux et à laquelle il serait en effet préférable de participer, mais ça n'a pas pris, et nous sommes passés à autre chose.

Voilà. Je ne sais si c'est beau, et bot comme le pied, mais c'est sans doute ça le "boboïsme".  C'est triste à mourir. Et cela me donne encore plus envie de soutenir le gouvernement de Manuel Valls et le président François Hollande. Qu'ils réussissent, seul cela compte. Et ce soir je vais aller soutenir Martin Schultz pour que l'Europe change de cap et revienne à la social-démocratie qui est à ce jour la seule tendance politique à avoir su amener du progrès social sur notre continent. Passez, révoltionnaires de tous poils, et dites-nous ce que vous avez fait sinon des désastres ?

MB

 

Enfin une révolution cool

 

 

 

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