Contre le cumul des mantras

Publié le par Michel Baujard

Le 23 et le 30 mars, votez !

Le 23 et le 30 mars, votez !

Je participe aussi activement que possible à la campagne électorale de mes amis, Christophe Girard dans le 4e arrondissement de Paris, et Alain Bétant à Yerres, en Essonne. C'est une expérience enrichissante et passionnante, tellement différente des campagnes nationales, présidentielle ou législatives, européenne comme en mai prochain, ou régionale comme en 2016. On rencontre des problèmes de gestion locale quotidienne, du ramassage des ordures qui se ferait mal dans telle rue, à l'insupportable odeur dégagée par l'inattendue pissotière à ciel ouvert dans telle ruelle, en passant par le bruit et la fureur déclenchés par une nouvelle salle de réceptions privées ouverte ailleurs, et qui sait, peut-être même sans autorisation préfectorale, selon la rumeur. 

Il faut vérifier, démentir ou confirmer, avec le plus d'éléments concrets possibles, tangibles, accessibles, vérifiables. Quand cela est faisable, il faut s'efforcer de promettre de chercher une solution satisfaisante, d'en référer à qui de droit, de transmettre l'information au bon service, de suggérer la modification qui pourrait être facile à mettre en œuvre pour règler un problème. Ainsi, comme l'a suggéré une électrice mécontente venue alpaguer l'équipe de campagne sur ce sujet, la pissotière à ciel ouvert de la ruelle, à l'origine une idée ratée de mini espace vert grillagé paradoxalement destiné à empêcher d'uriner contre le mur d'un immeuble, verrait défiler moins d'amateurs les soirées de fins de semaine, si la sanisette de la place voisine fermait à 2 heures du matin, et non à 21 heures. Renseignements pris après coup, ce serait déjà le cas en d'autres endroits, et donc cela devrait être immédiatement faisable ici.

Répondre à la riveraine qu'elle a tort et que tout va bien aurait été une stupide erreur, surtout lorsqu'elle vous affirme que si rien n'est fait au moins cinq personnes de la ruelle ne se rendront pas aux urnes pour ces municipales. Il ne s'agissait pas pour elle de promettre de voter pour votre liste si vous vous engagiez ne serait-ce qu'à étudier la question, mais de brandir la menace suprême de l'abstention de toute la ruelle si vous ne faisiez pas au moins cette promesse. Pour cette électrice et ses amis, ce chantage est manifestement bien pire encore que celui d'une menace de vote pour une liste concurrente, et, selon elle, c'est bien plus efficace. À méditer !

Face à une telle intimidation, aucun mantra politicien ne peut apporter de réponse satisfaisante. Il faut écouter, et entendre, tenter de démontrer que l'on a écouté, et entendu. Il faut ensuite aller voir de près, chercher une solution de court terme pour tenter de faire diminuer la tension, et une autre plus lente à réaliser, pour apporter une résolution pérenne et satisfaisante du problème. Ce sont de petites choses pour les uns, de grands dérangements pour les autres, et les élu(e)s sont considéré(e)s comme les esclaves du solutionnement immédiat de tous les problèmes de voisinage. Engagez-vous à tout faire pour empêcher le soulagement diurne et nocturne des vessies masculines de passage, voilà la demande.

Reste la question posée par le SDF habitué de ce lieu d'aisance, alors que je photographiais l'endroit de nuit, et que nous avions engagé la conversation sur son rôle de pissotière : "Essayez de vivre dans la rue, vous verrez !"

Quel mantra politicien pourrait-il répondre à cela ? *

Ensuite, comme lors de toute campagne électorale, il y a d'autres moments, où l'on se retrouve entre soi, entre militants, entre soutiens à la liste, entre électrices et électeurs convaincus de voter pour elle et pas une autre, entre tous ces gens qui viennent participer à des réunions de quartier ou des meetings. Et c'est là, dans les grandes réunions avec foule, que s'accumulent les mantras politiciens, la magie des solutions récitées à l'envi, face micros, caméras et pupitre. Je ne suis pas toujours très fan de ces événements de langues boisées.

La grande championne toutes catégories du mantra politicien déconnecté du réel, est cependant la candidate de la droite parisienne, dont on a l'impression qu'elle est toujours en meeting, en représentation, et jamais en situation. Elle nous parle d'un temps que les moins de vingt ans devraient connaître mais qui n'existe pas, avec de faux impôts, qu'elle a elle-même instaurés lorsqu'elle était ministre du gouvernement Fillon, et de faux frais de bouche dont elle ne saurait imaginer qu'ils puissent avoir disparu. Elle invective, elle déplore et elle implore, mais ne déflore jamais aucun projet concret, réel, bâti sur autre chose que du vent et du ressentiment. Et quand elle le fait c'est pour faire rire les fantômes et pleurer les parisiens

Le 23 et le 30 mars, laissez de côté tous les mantras, et votez !

À  Yerres pour Alain Bétant et la liste Yerres avant tout, contre la droite extrême de Nicolas Dupont-Aignan et contre sa gestion calamiteuse de la ville.  

À Paris en faveur d'Anne Hidalgo dans le 15e, de Christophe Girard dans le 4e, et des autres candidats des listes Paris qui ose, pour la poursuite du travail entrepris depuis 2001 par Bertrand Delanoë et ses équipes municipales. 

 Bertrand Delanoë aura été de loin le meilleur des maires de la capitale, et la sagesse du respect de son engagement, affirmé dès son premier mandat, de n'en effectuer que deux, doit être salué. Chapeau bas ! Nicolas Dupont-Aignan quant à lui, est maire de Yerres depuis... 19 ans ! Very bad trip ! 

Ni cumul des mandats, ni cumul des mantras. De l'action, aussi juste et équilibrée que possible, c'est d'abord cela, la politique.

 

MB

 

À Yerres avec Alain Bétant, assis, et Jérôme Guedj, debout, pour soutenir la liste "Yerres avant tout"

 

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